dimanche 27 septembre 2015

Les vers de chèvre, faibles qu'ils sont…

Le sujet ne vous aura sans doute pas échappé, la question essentielle à traiter à l'aube de ce XXIème siècle avant de passer à d'autres âneries du type enjeux climatiques et écologiques remettant sur le tapis la conquête spatiale, le débat entre cellules souches embryonnaires ou induites, l'utilisation de Big Data ou autres ordinateurs quantiques, cette question donc est la suivante : quels sont les organes sensoriels du ver de chèvre ? Ce point essentiel dont l'humanité devrait rougir de l'avoir trop longtemps laissé dans l'ombre constitue le pôle de recherche primordial d'Horizon 2020, et si vous ne retrouvez pas l'information 1) c'est que vous n'avez pas assez bien cherché et 2) je ne vous remercie PAS pour votre incrédulité, espèces de scientifiques consciencieux.

Procédons, pour trouver la réponse, à une méthode scientifique rigoureuse.
1/ spéculer : si on laisse notre imagination vagabonder un peu, on en arrive à l'inévitable conclusion que la nature chimérique de cette créature majestueuse l'a doté des organes sensoriels de ses deux parents (qui s’appelaient d'ailleurs Auguste et Georgette, sympathiques bouchers charcutiers qui proposaient un pâte lorrain dont la réputation n'est plus à faire). Nous tiendrons donc cela pour vrai. Et si un ver de chèvre protestataire s'avise de me contredire, qu'il vienne me l'expliquer en face, je l'attends de pied ferme.

2/ affirmer : Ce méticuleux travail de recherche préliminaire nous permet donc de conclure sans l'ombre d'un doute que la partie caprine de son corps dispose d'yeux aux pupilles horizontales et rectangulaires qui, en plus du double avantage d'être super classes et de faire peur aux enfants, lui permettent de voir à 360° (car contrairement à sa cousine défavorisée, la chèvre domestique, cet être supérieur s'est affranchi du pénible fardeau des vertèbres cervicales). Cette tête dispose également d'oreilles, qui comme sa cousine défavorisée, la chèvre domestique, lui servent généralement à entendre des trucs. Enfin, ce faciès dispose d'un nez appelé truffe et d'une bouche appelée Marcel (cette blague est inépuisable), dont on est à peu près sûr qu'ils servent respectivement à renifler et à goûter, mais à part ça on n'en sait pas grand-chose.

La partie lombricienne de son anatomie, quant à elle, est dotée sur chaque sillon de sa sublime silhouette, de minuscules soies sensitives servant à capter les variations thermiques et les vibrations du sol. Ce qui est quand même vachement pratique, faut avouer.

Pour résumer, ensemble nous avons abordé le sujet :
- de la vue
- de l'ouïe
- de l'odorat
- du goût

Mais ceux qui ne dorment pas encore me diront, quid du toucher ?
Eh bien je risque d'en choquer plus d'un, mais le ver de chèvre a un point faible, et non des moindres : il n'a pas de bras (ni de pieds ou poings pour se défendre non plus, voilà pourquoi je ne prenais pas trop de risque à le provoquer un peu plus haut. Tout ver de chèvre qu'il est, il arrivera jamais à conduire jusqu'à chez moi pour me casser la gueule).
Cet handicap, largement surmontable et surmonté par l'espèce par une ingéniosité incomparable dans le règne animal, l’empêche pourtant encore aujourd'hui d'exceller dans plusieurs activités hautement raffinées telles que la pêche à la mouche, le backflip, l'ice-bucket challenge, le mangeage de banana-split par le nez et le détapissage de salon en arrachant d'énormes bandes de papier.

3/ apporter des preuves solides, pour faire taire les râleurs :
La photo ci-dessous, par ailleurs bouleversante par la ruralité fraîche et désinvolte qui s'en dégage, illustre et corrobore parfaitement les arguments soulevés dans cette thèse. Franchement, si avec ça on fait pas AU MOINS un Nature, les coupaings !


représentation pastorale du ver de chèvre dans son milieu naturel, ou la preuve qu'il aurait pu devenir président directeur général de la galaxie si seulement il avait eu des pouces opposables (© 2015)

4/ diffuser notre savoir laborieusement acquis : ce compte rendu n'est bien entendu qu'une ébauche, et le plus dur reste à faire tant cet organisme d'une absoluité éblouissante est complexe. Je poste ici mon humble contribution à la science, et laisse ainsi mon œuvre prendre vie entre des mains ô combien plus expertes.

La rédaction d'AVC
(au passage UNE info véridique, il en faut bien une pour légitimer ce blog : wikipédia nous apprend que la géodrilologie est la branche de la zoologie dont l'objet est l'étude des vers de terre. Voilà, vous vous coucherez moins bête, et peut-être même que vous pourrez draguer grâce à ça, croyez-moi j'ai essayé, ça marche).

Cette fois je vous laisse

2 commentaires:

  1. La beauté du ver de chèvre pris en photo sur le vif. La grâce divine de cet animal grandiose. Merci pour ce merveilleux article !

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  2. Eminent rédacteur, humble observateur29 septembre 2015 à 10:20

    Ah enfin un autre artiste qui a saisi l'essence du Beau. Pour vous remercier, la rédaction vous offre un t-shirt du ver de chèvre. Accompagné d'une veste Armani, cet accessoire sophistiqué vous permettra de briller en réunion. Sinon il fait aussi pyjama.

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