Le sujet ne vous
aura sans doute pas échappé, la question essentielle à traiter à
l'aube de ce XXIème siècle avant de passer à d'autres âneries du
type enjeux climatiques et écologiques remettant sur le tapis la
conquête spatiale, le débat entre cellules souches embryonnaires ou
induites, l'utilisation de Big Data ou autres ordinateurs quantiques,
cette question donc est la suivante : quels sont les organes
sensoriels du ver de chèvre ? Ce point essentiel dont
l'humanité devrait rougir de l'avoir trop longtemps laissé dans
l'ombre constitue le pôle de recherche primordial d'Horizon 2020, et
si vous ne retrouvez pas l'information 1) c'est que vous n'avez pas
assez bien cherché et 2) je ne vous remercie PAS pour votre
incrédulité, espèces de scientifiques consciencieux.
Procédons, pour
trouver la réponse, à une méthode scientifique rigoureuse.
1/ spéculer :
si on laisse notre imagination vagabonder un peu, on en arrive à
l'inévitable conclusion que la nature chimérique de cette créature
majestueuse l'a doté des organes sensoriels de ses deux parents (qui
s’appelaient d'ailleurs Auguste et Georgette, sympathiques bouchers
charcutiers qui proposaient un pâte lorrain dont la réputation
n'est plus à faire). Nous tiendrons donc cela pour vrai. Et si un
ver de chèvre protestataire s'avise de me contredire, qu'il vienne
me l'expliquer en face, je l'attends de pied ferme.
2/ affirmer :
Ce méticuleux travail de recherche préliminaire nous permet donc de
conclure sans l'ombre d'un doute que la partie caprine de son corps
dispose d'yeux aux pupilles horizontales et rectangulaires qui, en
plus du double avantage d'être super classes et de faire peur aux
enfants, lui permettent de voir à 360° (car contrairement à sa
cousine défavorisée, la chèvre domestique, cet être supérieur
s'est affranchi du pénible fardeau des vertèbres cervicales). Cette
tête dispose également d'oreilles, qui comme sa cousine
défavorisée, la chèvre domestique, lui servent généralement à
entendre des trucs. Enfin, ce faciès dispose d'un nez appelé truffe
et d'une bouche appelée Marcel (cette blague est inépuisable), dont
on est à peu près sûr qu'ils servent respectivement à renifler et
à goûter, mais à part ça on n'en sait pas grand-chose.
La partie
lombricienne de son anatomie, quant à elle, est dotée sur chaque
sillon de sa sublime silhouette, de minuscules soies sensitives
servant à capter les variations thermiques et les vibrations du sol.
Ce qui est quand même vachement pratique, faut avouer.
Pour résumer,
ensemble nous avons abordé le sujet :
- de la vue
- de l'ouïe
- de l'odorat
- du goût
Mais ceux qui ne
dorment pas encore me diront, quid du toucher ?
Eh bien je risque
d'en choquer plus d'un, mais le ver de chèvre a un point faible, et
non des moindres : il n'a pas de bras (ni de pieds ou poings
pour se défendre non plus, voilà pourquoi je ne prenais pas trop de
risque à le provoquer un peu plus haut. Tout ver de chèvre qu'il
est, il arrivera jamais à conduire jusqu'à chez moi pour me casser
la gueule).
Cet handicap,
largement surmontable et surmonté par l'espèce par une ingéniosité
incomparable dans le règne animal, l’empêche pourtant encore
aujourd'hui d'exceller dans plusieurs activités hautement raffinées
telles que la pêche à la mouche, le backflip, l'ice-bucket
challenge, le mangeage de banana-split par le nez et le détapissage
de salon en arrachant d'énormes bandes de papier.
3/ apporter des
preuves solides, pour faire taire les râleurs :
La photo ci-dessous,
par ailleurs bouleversante par la ruralité fraîche et désinvolte
qui s'en dégage, illustre et corrobore parfaitement les arguments
soulevés dans cette thèse. Franchement, si avec ça on fait pas AU
MOINS un Nature, les coupaings !
représentation
pastorale du ver de chèvre dans son milieu naturel, ou la preuve
qu'il aurait pu devenir président directeur général de la galaxie
si seulement il avait eu des pouces opposables (©
2015)
4/ diffuser notre
savoir laborieusement acquis : ce compte rendu n'est bien
entendu qu'une ébauche, et le plus dur reste à faire tant cet
organisme d'une absoluité éblouissante est complexe. Je poste ici
mon humble contribution à la science, et laisse ainsi mon œuvre
prendre vie entre des mains ô combien plus expertes.
La rédaction d'AVC
(au
passage UNE info véridique, il en faut bien une pour légitimer ce
blog : wikipédia
nous apprend que la
géodrilologie est la branche de la zoologie dont l'objet est l'étude
des vers de terre. Voilà,
vous vous coucherez moins bête, et peut-être même que vous pourrez
draguer grâce à ça, croyez-moi j'ai essayé, ça marche).
Cette
fois je vous laisse